Petits arrangements avec les apprentissages

Lieu : Collège du Léman

Intervenant : Revol Olivier

Psychiatre d’enfant depuis plus de 20 ans, le Dr Oliver Revol dirige le service de psychopathologie de l'enfant et de l'adolescent, à l'hôpital Pierre Wertheimer au CHU de Lyon. Cette unité originale a été labellisée en 2001 comme centre de référence pour les troubles d’apprentissage, une des seules en France à aborder le problème sous l’angle « neuropsychopathologique ». La demande émane de parents désemparés, de médecins, d’enseignants ou d'orthophonistes qui souhaitent un bilan précis. La procédure diagnostique a été mise au point par l’équipe lyonnaise, composée d’une trentaine de personnes, psychiatres pédiatres, psychologues, neuropsychologues, puéricultrices, infirmières, kinésithérapeutes, éducatrices de jeunes enfants, enseignants et orthophoniste. L’enjeu est de comprendre l’origine des difficultés, avant de proposer des solutions adaptées. Olivier Revol est auteur de Même pas grave! l’échec scolaire, ça se soigne (mars 2006).

Langue : fr

« Petits arrangements avec les apprentissages » Les causes médicales d’échec scolaire et leurs aménagements Olivier Revol Chef de Service de Neuro-Psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent Responsable du Centre de référence des troubles d’apprentissage Hôpital Neurologique – LYON Genève Ecole Internationale 8 avril 2011 Les conséquences des difficultés scolaires de l’enfant dépassent souvent le cadre de l’école. Elles peuvent être responsables d’une baisse de l’estime de soi, de tensions intrafamiliales et de comportements inadaptés à l’école ou à la maison. De fait, la détection précoce des troubles des apprentissages, la recherche systématique d’une cause curable et la proposition rapide de stratégies thérapeutiques doivent être une priorité pour les professionnels de la petite-enfance. Face à un enfant en difficultés scolaire, l’évaluation doit être rigoureuse et exhaustive, l’enjeu étant de définir précisément l’origine des troubles : les stratégies d’exploration sont simples et doivent répondre à une démarche médicale structurée, intégrant systématiquement des éléments neuro-biologiques, psychologiques et éducatifs. L’enjeu consiste à préciser, le plus objectivement possible, la cause du dysfonctionnement. S’agit-il d’un déficit « instrumental », c’est-à-dire d’une déficience des outils nécessaires aux apprentissages, ou bien d’une origine « psycho-affective », c’est-à-dire d’un véritable frein psychologique, mis en place, à son insu, par un enfant dont les capacités sont pourtant satisfaisantes ? Si la plupart des causes d’échec scolaire sont aisément identifiées et prises en charge par des rééducateurs et des médecins, intervenant dans des Centres de Guidance ou en cabinet libéral, de nombreux enfants restent malheureusement sans diagnostic et/ou mal orientés ; il s’agit le plus souvent de formes « frontières », à l’interface de causes psychologiques et instrumentales, ou bien encore de syndromes complexes, associant plusieurs pathologies. Ces cas sévères nécessitent un bilan hospitalier, permettant d’associer la polyvalence d’un plateau technique moderne et performant, et l’observation objective d’une équipe pluridisciplinaire. Cette approche exhaustive et nuancée de l’enfant en grande difficulté d’apprentissage permet de proposer enfin un diagnostic et d’orienter le jeune patient sur de nouvelles prises en charge. On retiendra pour conclure que l’attitude la plus judicieuse sur le plan psycho-pédagogique est celle qui va permettre à l’enfant d’utiliser au mieux ses compétences, en stimulant, ou restaurant, son désir d’apprendre…